Fauvette à tête noire

Fauvette à tête noire

Sylvia atricapilla · Eurasian Blackcap

Passériformes · Sylviidés

Photo D. Collin

Fauvette commune des bois, des parcs et des jardins, la Fauvette à tête noire doit son nom à la calotte du mâle, rousse chez la femelle. Une partie des oiseaux hiverne en Afrique tropicale, une autre reste en Europe.

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Les vocalises

Son chant est l'un des plus familiers du printemps. La strophe commence le plus souvent par un gazouillis rapide et varié, parfois long, puis se termine par quelques notes sifflées, pures et fortes, qui la rendent reconnaissable entre toutes. Cette conclusion change selon les oiseaux et les régions ; quand elle manque, le chant ressemble beaucoup à celui de la Fauvette des jardins. Certains mâles y glissent des imitations d'autres espèces, et à mesure que la saison avance, beaucoup réduisent leur phrase à la seule finale. Dans ce portrait, neuf éléments sur dix se situent entre 2,4 et 5,5 kHz. Son cri le plus courant est un claquement sec, répété de plus en plus vite quand l'oiseau s'inquiète.

Sources : P. Géroudet, AcouSTOC · S. Wroza, AcouSTOC · J. François, Oiseaux.net · Wikipédia.

Fauvette à tête noire
Photographie D. Collin

1. Le chant enregistré

L'enregistrement complet, par D. Collin.1:43

La strophe que les graphes détaillent, de 41,75 à 45,66 s (3,91 s).0:03

Cliquez une partie du graphe, ou de la liste, pour l'écouter.

Forme d'onde de la strophe de la Fauvette à tête noire, 3,91 secondes

Le chant de la Fauvette à tête noire est fait de deux parties : un babil rapide et varié, puis une envolée finale plus claire et plus aiguë.

Comment lire cette forme d'onde

Le signal sonore varie dans le temps : elle montre l'amplitude de la strophe, seconde par seconde. Les couleurs signalent les différentes parties.

2. Spectrogramme

Spectrogramme de la strophe de la Fauvette à tête noire, avec la courbe de fréquence fondamentale
Comment lire ce spectrogramme

Il montre l'évolution des fréquences dans le temps ; plus la couleur est chaude, plus le son est intense. La courbe blanche en pointillé suit la fréquence fondamentale là où elle est mesurable, et s'interrompt ailleurs. Le rectangle marque la syllabe détaillée au point 3.

3. Zoom sur une syllabe

Détail d'une note isolée de 150 ms. Fondamentale 2,55 kHz ; harmoniques qui ressortent du spectre : 2 × f₀ = 5,10 kHz.

Spectrogramme d'd'une note isolée de la Fauvette à tête noire, fondamentale à 2,55 kHz
Comment lire ce zoom

Les traits horizontaux marquent la fréquence fondamentale, la plus basse, et les harmoniques qui ressortent réellement du bruit : leurs fréquences sont des multiples de la fondamentale.

4. Spectre de fréquences

Sa deuxième harmonique est 21 dB plus faible que la fondamentale : le son est franchement harmonique, bien moins pur qu'une flûte.

Spectre d'une note isolée de la Fauvette à tête noire
Comment lire ce spectre

Il montre l'intensité des différentes fréquences de cette syllabe, en décibels sous la plus forte.

5. Les valeurs sur cet exemple

La syllabe détaillée a une fréquence fondamentale de 2,55 kHz, tenue pendant 150 ms, avec une harmonicité de 17 dB. Sur les 208 éléments relevés dans 4 enregistrements de la même espèce, la hauteur médiane est de 3,52 kHz ; neuf syllabes sur dix se situent entre 2,4 et 5,5 kHz, et leur durée médiane est de 136 ms. 67 % d'entre elles ont une hauteur nettement mesurable ; les autres sont trop bruitées pour cela.

Fréquence fondamentale de la syllabe détaillée2,55 kHz
2ᵉ harmonique (2 × f₀)5,10 kHz
3ᵉ harmonique (3 × f₀)ne ressort pas du bruit
Durée de la syllabe150 ms
Harmonicité de la syllabe17 dB
Durée médiane des syllabes136 ms
Plage de fréquences du chant (90 % des syllabes)2,4 – 5,5 kHz
Durée de la strophe analysée3,91 s

Source : fauvette.a.tete.noire.1.mp3, strophe 41,75–45,66 s, portrait généré le 17 septembre 2026.

Comment lire ces mesures

Toutes les valeurs sont mesurées sur ces enregistrements, et non reprises de la littérature ; elles varient selon l'individu, la région et la qualité de la prise.

6. Profil acoustique de l'espèce

Ce que l'espèce fait en général, au-delà de la strophe détaillée ci-dessus : mesures faites sur les 4 enregistrements du portrait, et, pour comparaison, les 2 campagnes préparatoires du 11 septembre 2026, sur des enregistrements d'autres auteurs.

Son chant est très aigu, dans la dernière octave d'un piano : il se tient le plus souvent vers 3 670 Hz, et va de 2 300 à 5 650 Hz, soit une étendue de 1,3 octave. Il mêle des notes sifflées et des sons plus bruités ; le son est très mêlé de bruit (3,7 sur 10), et ses notes glissent nettement vers le grave ou l'aigu. Chaque élément dure de 58 à 387 millièmes de seconde, à raison de 3,9 par seconde, sur un rythme assez régulier (7 sur 10) : l'intervalle entre deux attaques varie de 138 ms d'une fois à l'autre. L'essentiel de l'énergie sonore se situe entre 1 992 et 6 796 Hz. Les enregistrements analysés sont très propres (rapport signal sur bruit de 51,4 dB) : 4 enregistrements, 6 minutes en tout. Une campagne préparatoire, sur des enregistrements d'autres auteurs, donnait une hauteur médiane de 3 653 Hz, entre 1 852 et 8 712 Hz ; l'écart entre les deux donne l'incertitude de ces mesures.

Enregistrements du portrait17 septembre 2026Analyse préparatoire 211 septembre 2026Analyse préparatoire 111 septembre 2026
Fréquence fondamentale, minimale2 300 Hz1 852 Hz2 300 Hz
Fréquence fondamentale, médiane3 670 Hz3 653 Hz3 480 Hz
Fréquence fondamentale, maximale5 650 Hz8 712 Hz5 550 Hz
Tessiture15,6 demi-tons26,8 demi-tons15,3 demi-tons
Nature du signalmixtemixtemixte
Harmonicité (0 à 10)3,787
Stabilité de la hauteurglissando marquénote tenueléger glissando
Durée des éléments58 – 387 ms61 – 273 ms35 – 170 ms
Densité3,9 éléments/s2,7 éléments/s5,4 éléments/s
Régularité du rythme (0 à 10)723
Écart-type des intervalles entre attaques138 ms129 ms—
Bande spectrale1992–6796 Hz, énergie des éléments (3 % à 97 %)2200-5500 Hz (97 % de l'énergie des trames actives), cœur 3000-4000 Hz = 59,4 %—
Rapport signal sur bruit51,4 dB45 dB—
Enregistrements analysés4 fichiers, 6 min6 fichiers, 16 min—

« Minimale » et « maximale » sont prises hors des 5 % de valeurs extrêmes. Sur les enregistrements du portrait, l'harmonicité sur 10 vient du rapport harmoniques sur bruit médian des éléments (−5 dB donne 0, 25 dB donne 10), et la régularité sur 10 vient de la variation des intervalles entre attaques; dans les campagnes préparatoires, les notes sur 10 sont des appréciations d'ensemble, et leur corpus comme leur chaîne de mesure diffèrent : les écarts en donnent l'incertitude.

7. Lecture musicale

Les éléments du chant traduits en notes de musique : leur hauteur est suivie toutes les deux millisecondes, puis ramenée à la note la plus proche de la gamme tempérée, avec son écart en cents.

Le passage transcrit compte 31 notes, de Si6 à Fa8, soit une étendue de 18 demi-tons (octave et triton). D'une note à la suivante, la mélodie avance 11 fois par petits pas (unisson, demi-ton ou ton), 6 fois par tierces et 13 fois par sauts d'une quarte ou plus ; elle monte 14 fois et descend 13 fois. Un nouvel élément commence le plus souvent toutes les 194 ms (valeur médiane), soit 309 par minute, sur un rythme irrégulier. Les notes s'écartent en moyenne de 23 cents de la note la plus proche de la gamme tempérée du piano ; un chant sans aucun rapport avec cette gamme donnerait 25 cents en moyenne, si bien que rien n'indique ici un accord « juste » au sens de nos instruments. Structure des éléments : A B C D E D F G H I J K L M A N (une même lettre pour un motif qui revient). Pour être lisible et audible, la transcription est écrite 3 octaves plus bas et 8 fois plus lentement, comme un enregistrement ralenti. Les 31 notes de ce passage se ramènent à 8 hauteurs distinctes, que le chant reprend.

Comment lire ce décompte

Deux notes séparées de moins d'un demi-ton sont comptées comme une seule hauteur, puisque l'oreille ne les distingue pas comme deux degrés différents. Ce chiffre est le seul résultat solide d'une recherche menée sur l'ensemble des portraits : les chants ne se rangent pas sur nos gammes, mais ils emploient très peu de hauteurs, et c'est cette pauvreté, non une échelle musicale, qui donne l'impression d'entendre une mélodie. Sur les 275 portraits transcrits en au moins six notes, 208 emploient moins de cinq hauteurs.

Le passage transcrit, à vitesse réelle (41,8 à 45,7 s de l'enregistrement).

Le même passage 8 fois plus lent, donc 3 octaves plus bas : les notes deviennent perceptibles.

La partition ci-dessous, jouée par une flûte de synthèse, à la même vitesse que la version ralentie.

Partition du chant de la Fauvette à tête noire
Transcription écrite 3 octaves plus bas et 8 fois plus lentement que le chant réel ; transposition indiquée au début de la portée ; les nombres sous les notes donnent l'écart en cents à la note écrite ; un trait oblique relie deux notes d'un même élément (glissando). Tempo ♩ = 56, mesure à 4/4, rythme arrondi à la double croche, soit 34 ms du chant réel. Les fichiers MIDI rejouent cette partition dans tout logiciel de musique.

Fichier MIDI de la partition MIDI à la hauteur et à la vitesse du chant Partition MusicXML

Les 31 notes, une par ligne
DébutDuréeHauteurNoteÉcart (cents)Intervalle (demi-tons)
0,00 s78 ms2 482 HzRé♯7-5
0,15 s11 ms2 280 HzDo♯7+48-2
0,16 s40 ms2 612 HzMi7-16+3 (glissando)
0,20 s100 ms2 567 HzMi7-47+0 (glissando)
0,57 s15 ms4 109 HzDo8-32+8
0,58 s64 ms4 533 HzDo♯8+38+1 (glissando)
0,65 s72 ms3 118 HzSol7-10-6 (glissando)
0,75 s32 ms3 594 HzLa7+36+2
0,79 s84 ms2 602 HzMi7-23-5 (glissando)
0,95 s26 ms2 973 HzFa♯7+8+2
0,97 s34 ms2 797 HzFa7+2-1 (glissando)
1,01 s103 ms2 476 HzRé♯7-9-2 (glissando)
1,21 s95 ms3 569 HzLa7+24+6
1,30 s66 ms2 798 HzFa7+2-4 (glissando)
1,40 s48 ms2 761 HzFa7-20+0
1,45 s68 ms1 972 HzSi6-3-6 (glissando)
1,57 s94 ms3 096 HzSol7-22+8
1,75 s21 ms4 169 HzDo8-7+5
1,77 s44 ms2 589 HzMi7-32-8 (glissando)
1,89 s19 ms5 019 HzRé♯8+14+11
1,91 s60 ms4 088 HzDo8-41-3 (glissando)
1,97 s187 ms3 604 HzLa7+41-3 (glissando)
2,27 s32 ms5 488 HzFa8-31+8
2,31 s65 ms4 734 HzRé8+13-3 (glissando)
2,39 s158 ms3 733 HzLa♯7+2-4
2,60 s77 ms4 060 HzSi7+47+1
2,67 s90 ms5 318 HzMi8+15+5 (glissando)
2,83 s375 ms5 212 HzMi8-20+0
3,23 s105 ms2 682 HzMi7+29-12
3,44 s26 ms3 426 HzLa7-47+5
3,46 s166 ms3 765 HzLa♯7+17+1 (glissando)

Un chant d'oiseau n'est pas écrit sur nos gammes : la partition en donne une image approchée. Les glissements continus de hauteur sont réduits à des notes tenues, le rythme est arrondi, et les sons sans hauteur nette (claquements, grincements) n'y figurent pas. Source : fauvette.a.tete.noire.1.mp3, 41,8–45,7 s.

Planche pédagogique sur le chant : forme d'onde, spectrogramme, zoom sur une syllabe et spectre, avec une fréquence fondamentale de 2,55 kHz.
Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla). Enregistrement D. Collin, photographie D. Collin, fauvette.a.tete.noire.1.mp3, strophe 41,75–45,66 s. ornithophonia.net, portrait généré le 17 septembre 2026.